Le rapport de durabilité des BEA Awards 2025
06 mai 2026Un show palpitant, un catering soigné, une afterparty à la hauteur : les BEA Awards 2025 ont une nouvelle fois fait honneur à leur réputation de rendez-vous incontournable du secteur événementiel belge. Mais cette année, l’événement a aussi voulu envoyer un signal clair : la durabilité n’est pas une contrainte, c’est un moteur de créativité.
Installée dans le décor brut et industriel de l’Asiat Park, cette édition a volontairement pris un chemin différent. L’idée n’était pas simplement de réduire l’impact environnemental de l’événement, mais de prouver qu’une approche plus responsable peut aussi inspirer de nouvelles idées, de nouveaux formats et une nouvelle esthétique. Pour mesurer concrètement cet engagement, l’événement a été analysé via MyImpactTool, donnant lieu à un rapport de durabilité complet.
Dans un secteur qui met régulièrement en scène des engagements sociétaux pour ses clients, la durabilité n’est plus un simple argument. C’est une question de cohérence et de crédibilité. Mobilité, catering, choix des matériaux, consommation énergétique : chaque composante d’un événement d’envergure génère un impact. L’agence organisatrice VO Event a donc choisi de penser chaque décision avec un double objectif : limiter l’empreinte écologique et démontrer que ces choix peuvent nourrir une approche créative différente.
Une empreinte carbone 50 % inférieure au benchmark
Verdict au terme de l’événement : 61,75 tonnes de CO₂e. Un chiffre qui peut sembler abstrait, mais qui correspond à neuf tours du monde en voiture, à la consommation annuelle de treize ménages ou encore à une personne faisant 24 allers-retours Bruxelles–New York.
La bonne nouvelle ? Cette empreinte est environ 50 % inférieure au benchmark des galas et cérémonies comparables. Un résultat qui ne doit rien au hasard, mais à une série de choix assumés en amont : conception, production, logistique… tout a été pensé avec un œil sur l’impact.
Sans surprise, c’est la production technique - lumière, son, audiovisuel - qui pèse le plus lourd sur le bilan (68,05 % des émissions). La mobilité des participants suit avec 16,75 %. Le catering (0,77 %) et l’énergie (2,92 %), par contre, ont eu un impact relativement limité.
Le menu intégralement végétarien illustre parfaitement cette approche où durabilité et créativité se rencontrent. Conçu avec environ 50 % d’ingrédients de saison ou locaux, il prouvait qu’un choix responsable peut aussi enrichir l’expérience gastronomique. Et l’engagement ne s’arrêtait pas là : 132 repas ont été redistribués grâce à une politique stricte de lutte contre le gaspillage alimentaire.
Gestion des déchets et réemploi
Le choix des matériaux et la gestion des déchets ont également été minutieusement réfléchis. Sur place, un centre de recyclage permettait un tri précis et une meilleure traçabilité des flux. L’approche était clairement circulaire, privilégiant les matériaux durables, robustes et réutilisables - principalement en métal. Résultat : 20 % de la signalétique provenait du réemploi, les nouveaux éléments ont été transformés pour être réutilisés après l’événement.
Dans ce contexte industriel atypique, ces choix ont contribué à créer une atmosphère différente, démontrant qu’un cadre et des matériaux inhabituels peuvent aussi stimuler l’imagination et renouveler l’esthétique événementielle.
L’attrait tenace de la voiture
La mobilité constituait un axe prioritaire de cette édition des BEA Awards bien que la grève des transports publics n’ait pas aidé à travailler sur de réelles options. Les organisateurs ont ceci dit encouragé une mobilité alternative, notamment avec un parking vélo et une application de carsharing. L’accessibilité pour les personnes sans véhicule a également été intégrée dans la réflexion. Mais dans les faits, les applications de covoiturage recommandées n’ont pas rencontré le succès espéré. La majorité des participants se sont déplacés seuls en voiture. Un constat lucide - et un point où concentrer les efforts d’amélioration.
La portée des chiffres
Le rapport pointe également l’utilisation indispensable de générateurs et de pompes à chaleur, dont l’impact sur la biodiversité constitue le seul indicateur dans le rouge. Au-delà des résultats eux-mêmes, l’analyse chiffrée démontre l’intérêt d’une évaluation méthodique. Chiffrer l’impact d’un événement permet de sortir la durabilité du discours pour la transformer en outil de pilotage, afin d’ajuster et calibrer les efforts. Les données révèlent ce qui fonctionne - menu végétarien, réemploi de matériaux, gestion des déchets - et mettent en lumière les priorités futures, notamment en matière de mobilité et d’énergie.
Chaque choix compte
Pour Guillaume Anciaux de VO Event, l’expérience est une réussite : « Nous avons fait les choses différemment, dans un autre registre, avec une vraie cohérence entre le fond et la forme. Le lieu atypique a donné le ton, mais c’est surtout l’intention derrière chaque choix qui compte. Être fidèle aux valeurs de VO, à notre engagement B Corp et à la transition nécessaire de notre secteur, ce n’est pas une posture - c’est une responsabilité. »
Au fond, le message des BEA Awards 2025 est simple : même magie, mais avec un nouvel état d’esprit. Une preuve qu’un événement peut rester spectaculaire tout en étant plus responsable - et que la durabilité peut devenir l’une des plus grandes sources de créativité pour l’industrie événementielle.
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