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Oct 6, 2026, 20:48
Dix ans après la caisse blanche : que change le SCE 2.0 pour le secteur événementiel ?

Dix ans après la caisse blanche : que change le SCE 2.0 pour le secteur événementiel ?

06 octobre 2026

Le 1er juillet a marqué les dix ans de l’introduction du Système de Caisse Enregistreuse (SCE) — plus connu sous le nom de « caisse blanche » — pour les entreprises réalisant plus de 25 000 euros de chiffre d’affaires annuel (hors TVA) issus de la vente de repas. En 2026, une nouvelle étape s’amorce :  le SCE 2.0, qui marque un tournant vers davantage de digitalisation et de suivi en temps réel. Pour comprendre ce que cette évolution implique concrètement pour le secteur événementiel, nous avons rencontré Michel Van Camp (Cluster Event Agencies – Event Confederation/ACC) et Steven Droogers (BECAS vzw).

Si l'introduction du SCE répondait à un objectif clair de transparence, son déploiement dans le secteur événementiel n'a pas été sans difficultés. « Du point de vue des agences, je pense que le principal problème a été le manque de clarté », explique Michel Van Camp, président du Cluster Event Agencies au sein de l’Event Confederation/ACC. « Beaucoup d’entre nous n’étaient pas informés. Lorsque des contrôleurs se sont présentés dans certaines agences et que des amendes ont été infligées parce qu’elles étaient censées émettre elles-mêmes leurs tickets de caisse blanche, cela a créé une véritable surprise. Le cadre légal existait, mais la communication autour de son application au secteur événementiel est restée insuffisante. Les agences ne consultent pas les sites du gouvernement tous les jours, à l’affût de nouvelles réglementations. Ce manque d'information a entraîné bien des soucis qui auraient pu être évités. »  

Du côté des traiteurs événementiels, le constat est différent. « Le SCE est lié à la commission paritaire de l’Horeca (CP 302), dans laquelle sont enregistrés la plupart des traiteurs événementiels », explique Steven Droogers de chez BECAS, l’organisation sectorielle des traiteurs événementiels. « Dès la création de BECAS en 2017, nous avons pris contact avec le SPF Finances, qui nous a dirigés vers le responsable du dossier SCE, Jan De Loddere. Cela a conduit à la rédaction d’une circulaire spécifique pour les traiteurs, qui a largement contribué à clarifier la situation. » Ces échanges établis à l’époque facilitent aujourd’hui la transition vers le SCE 2.0.

Le SCE en pratique

Le principe de la caisse blanche repose sur l’enregistrement infalsifiable de chaque transaction, afin d’éviter toute dissimulation de chiffre d’affaires. Dans les faits, son application varie selon le type de client et la relation commerciale. « On distingue les prestations B2B — lorsqu’un traiteur travaille avec une agence ou directement avec une entreprise — et le B2C », précise Steven Droogers. « En B2C, une notification préalable dans la caisse est obligatoire. En B2B, ce n’est pas le cas, même si nous recommandons de le faire dans notre code de conduite. » L’essentiel reste la cohérence entre le ticket émis via le système et la facture envoyée après l’événement. « Lors de l’envoi de la facture, le ticket correspondant doit être joint. Dans le cadre d’une collaboration récurrente, cela peut éventuellement être organisé sur base mensuelle », ajoute-t-il.

La répartition des responsabilités

Au-delà des aspects techniques, la question de la responsabilité de chacun est cruciale au sein du SCE. « L’agence doit pouvoir présenter un ticket en cas de contrôle », souligne Michel Van Camp. « Et ce ticket doit nous être fourni par le prestataire qui assure le catering. »

Pour Steven Droogers, la chaîne de responsabilité est claire. « En cas de problème, le législateur se tourne généralement vers le prestataire chargé de l’organisation. Si un sous-traitant n’est pas en ordre, c’est souvent l’organisateur qui en subit les conséquences. Il est donc essentiel de s’informer et de s’assurer que tous les partenaires connaissent les règles et les appliquent correctement. Je suis certain que la plupart des traiteurs événementiels et des salles des fêtes de Flandre – y compris les non-membres – possèdent une caisse blanche. Mais en pratique, les erreurs restent possibles. »   

« Il est essentiel de s’informer et de s’assurer que tous les partenaires connaissent les règles et les appliquent correctement. » - Steven Droogers

Les fédérations font front commun

Face aux contrôles et aux sanctions observés dans certaines agences, BECAS et le Cluster Event Agencies de l’Event Confederation/ACC ont décidé de renforcer leurs actions d’information. « Nous avons organisé un webinaire pratique, avec la participation du responsable SCE au SPF Finances », explique Steven Droogers. « Nous avons également mis à jour notre code de conduite pour préciser les obligations et les documents à fournir dans le cadre du SCE, notamment lors des collaborations entre traiteurs et agences. »

Du côté des agences, des initiatives d’information ont également été mises en place. « Nous avons informé nos membres via un mailing et organisé un séminaire s’adressant spécifiquement aux agences », indique Michel Van Camp.  « L’objectif est d’éviter toute ambiguïté. Je pense que les choses sont désormais bien engagées. »

SCE 2.0 : la transition vers le cloud

Le passage au SCE 2.0 marque surtout une évolution technologique majeure. Là où le SCE 1.0 reposait sur un module fiscal physique, la nouvelle version s’appuie sur une solution numérique basée dans le cloud, connectée en temps réel au SPF Finances via une API. Les données ne sont plus stockées localement mais transmises directement à l’administration. Cette modernisation permet une plus grande flexibilité et facilite les mises à jour en cas d’évolution de la réglementation, sans devoir remplacer le matériel. Malgré cette digitalisation, les obligations de base restent inchangées : seuil de 25 000 euros, contrôles maintenus (mais de plus en plus effectués à distance), émission correcte des tickets et enregistrement chronologique des opérations.

Un déploiement progressif

Depuis le 1er juillet 2026, toutes les nouvelles installations doivent être conformes au SCE 2.0. Les systèmes déjà en place bénéficieront d’une période de transition, avec une échéance allant du 1er juillet 2027 pour les plus anciens au 1er janvier 2029 pour les installations les plus récentes. « Sur le site officiel, on trouve une liste de fournisseurs capables de proposer des solutions SCE 2.0 », précise Steven Droogers.  « La liste n'est pas encore très longue, mais les fournisseurs travaillent actuellement à intégrer toutes les spécifications nécessaires pour proposer des solutions pleinement conformes au SCE 2.0. Même si une partie du système reste matérielle pour assurer la connexion au cloud du SPF Finances, de nombreuses automatisations sont désormais possibles. Le mieux est de consulter votre fournisseur. Tout est bien détaillé sur www.systemedecaisseenregistreuse.be/fr. »

« Le plus simple est de rejoindre une fédération. Le plus compliqué est de tout rechercher soi-même. C'est possible, bien sûr, mais cela demande du temps et de l'énergie. Et si vous n'êtes pas en ordre, vous devrez également en assumer les conséquences financières. » – Michel Van Camp

Le rôle essentiel des fédérations

« Ce dossier est une excellente occasion d’encourager les traiteurs et les agences à s’affilier à leurs fédérations », reprend Michel Van Camp. « Les informations transmises par les fédérations sont une vraie valeur ajoutée pour les entreprises », rappelle-t-il. « Plus nous sommes nombreux, plus notre voix porte dans les échanges avec les interlocuteurs externes et le gouvernement. Venez discuter avec nous des avantages d’une affiliation. »

À quoi Steven Droogers ajoute : « BECAS organise chaque année plusieurs appels sectoriels d’une cinquantaine de minutes. La dernière en date était consacrée au SCE, avec le chargé de dossier. Si vous ne pouvez pas les suivre en direct, ces sessions sont enregistrées et consultables par la suite. Notre fédération dispose d’une quantité importante d’informations que nous avons à cœur de partager avec nos membres. »

« Les agences et traiteurs sont évidemment libres de s’affilier ou non », poursuit Michel Van Camp. « Mais il est important que tout le monde soit informé, membre ou non-membre. C’est pourquoi nous en parlons en détail sur le site web de l’Event Confederation, accessible à tous. Au final, il appartient au traiteur ou à l’agence de prendre la bonne décision et de rester informé. Le plus simple est de rejoindre une fédération. Le plus compliqué est de tout rechercher soi-même. C'est possible, bien sûr, mais cela demande du temps et de l'énergie. Et si vous n'êtes pas en ordre, vous devrez également en assumer les conséquences financières. »

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