De l’Excel à l’étincelle
01 juin 2026Rahel Feidler, de Showtime Entertainment Services, revient pour nous sur l’aventure luxembourgeoise Den Trounwiessel, où elle a endossé le rôle de head of production, assurant la coordination complète des animations sur le Pont Rouge et la Place de Glacis. « La phase préparatoire a été compliquée et exigeante, mais une fois tout en place, on ne pouvait que se réjouir du résultat final. »
Dans le monde des productions événementielles de grande envergure, Rahel Feidler est loin d’être une inconnue. « Showtime Entertainment Services intervient sur tous les aspects d’accompagnement du secteur du divertissement : élaboration de budgets, sélection de fournisseurs, production complète d’événements... mais aussi sur des éléments plus techniques, comme le rigging. Nous pouvons réellement encadrer un projet de A à Z. Notre spécialité, ce sont les événements d’envergure et techniquement complexes. Nous avons notamment construit notre réputation avec des productions au Sportpaleis, à Rock Werchter et sur d’autres grands rendez-vous. »
D’une idée ambitieuse à sa concrétisation
À l’automne 2024, Rahel est contactée par Laurent Loschetter de Den Atelier. « Je travaille avec Laurent depuis quinze ans. Donc lorsqu’il a parlé d’“un petit projet pour l’année suivante”, notre curiosité a été immédiatement piquée. Le concept était ambitieux mais vraiment intéressant, avec des idées originales et audacieuses. J’attendais toutefois de voir si cela allait vraiment se concrétiser car bien souvent, les grands projets sont revus à la baisse une fois confrontés à la réalité budgétaire. Mais nous avons commencé à tracer les grandes lignes, impliqué d’autres personnes pour développer le concept… et finalement le projet a été réalisé presque exactement tel qu’il avait été imaginé au départ. »
Une production orchestrée de A à Z
En tant que head of production, Rahel Feidler a pris en charge l’ensemble de la coordination. « J’ai briefé chaque fournisseur, demandé les budgets et veillé à ce que tout soit en place. J’ai également établi la planification logistique générale ainsi que les plannings détaillés de production et de répétitions, aussi bien pour le volet sur le Pont Rouge que sur la Place de Glacis. J’ai besoin que tout soit structuré noir sur blanc. Je travaille avec de grands fichiers Excel pour les budgets et les plannings : cela reste la façon la plus simple pour moi de garder une vue d’ensemble. Au total, près de deux cents partenaires ont pris part au projet. En plus de la coordination technique, il fallait aussi gérer les participants locaux : deux mille personnes installées dans des trams, à costumer et à briefer. Dans ce genre de configuration, tout doit être parfaitement clair et rigoureusement organisé. »
Un enchevêtrement d’acteurs et d’enjeux
Un projet de cette ampleur implique forcément de nombreux intervenants — et parfois des sensibilités politiques. « Beaucoup de parties prenantes avaient leurs propres intérêts. Les budgets étaient également très fragmentés. Le spectacle sur la Place de Glacis était financé par la Ville de Luxembourg, avec ses propres règles en matière de marchés publics. Nous avons donc dû composer avec de nombreux enjeux, et il y a même eu quelques ajustements de dernière minute pour des raisons politiques. Par ailleurs, tout se déroulait sur l’espace public : il a fallu fermer des rues, coordonner la mobilité… Pour les différentes autorités, un événement de cette ampleur était aussi une première. »
Une solide présence belge
Pour la colonne vertébrale technique et la production, Rahel Feidler a choisi de faire appel à des partenaires belges de confiance. « J’ai placé plusieurs compatriotes à des postes clés : des entreprises et des freelances que je connais bien et en qui j’ai une confiance totale. Le design lumière était signé ARF&YES, et PRG Belgium fournissait le matériel technique. La chorégraphie sur le pont était sous la responsabilité de Steven Martin. Ludo Vanstreels de Trimex gérait la production overnight, et Hans Pannecoucke assurait la régie multicam. CK Productions a mobilisé 25 cadreurs et assuré le support technique et de production pour le livestream, tandis qu’Eurogrip fournissait caméras, grues et dollys. »
« Sur la Place de Glacis, l’équipe de Visual Solutions pilotait les écrans et le contenu était produit par Studio Sheji. Le plan audio et le mixage front-of-house étaient assurés par Patrick Demoustier, tandis que le monitoring des artistes était confié à Stijn Declercq de Mono. Nous avons également travaillé avec une équipe entièrement belge de stage managers expérimentés, avec le show caller Marc Van Hamme et l’ingénieur playback Wim Daans. Wicreations a conçu les systèmes de levage intégrés à la scène, tandis que la distribution électrique était assurée par The Powershop. »
Fierté à l’issue d’un projet hors norme
Pour Rahel Feidler, Den Trounwiessel restera un projet marquant. « C’est un événement qui restera gravé dans nos mémoires. C’est typiquement le genre de projet dont on ne réalise vraiment l’ampleur qu’après coup. La phase préparatoire a été compliquée et exigeante, mais une fois tout en place, on ne pouvait que se réjouir du résultat final. En termes de public, ce n’était peut-être pas le plus grand projet que nous ayons réalisé, mais probablement le plus complexe. Et le concept a clairement fait mouche. Ce fut aussi une très belle collaboration internationale, avec des partenaires issus de cinq pays. Cela nous a permis de nouer de nouveaux contacts et relations, qui s’avéreront certainement précieux à l’avenir. »