Event management

Nov 29, 2020, 20:54
“La société a besoin de la culture et des événements”

“La société a besoin de la culture et des événements”

13 octobre 2020

Ces derniers mois, on a beaucoup parlé des conséquences économiques de la paralysie du secteur événementiel. Mais ce silence assourdissant a aussi un impact social. C’est le message du mouvement citoyen Sound of Silence. Nous avons rencontré Katrien Vermeire, une des initiatrices du mouvement.

 

Début août, Creative Rental Solutions, John & Jane, Splendit, SLV Rent, AB Sound, Pixelscreen et 4U Renting ont lancé conjointement la campagne #SOS, #SoundOfSilence. “À travers S.O.S., nous voulons démontrer que la société a besoin de la culture et des événements ”, explique Katrien Vermeire. “Il est important de continuer à consolider le tissu social, même quand les temps sont difficiles. Nous avons bien conscience que cela demande une démarche adaptée : avec des litres de gel pour les mains, des règles de distanciation, des masques buccaux, etc. Ces précautions sont une nécessité absolue. Mais c’est tout à fait possible. En fait, la société a besoin de la culture et des événements pour canaliser les émotions, pour que les gens ne vivent pas constamment sous pression. En ce moment, des drames se produisent dans l'intimité des foyers, il y a énormément de souffrance psychique latente et les altercations se multiplient dans les lieux publics. #SoundOfSilence est une façon d’attirer l’attention sur l'importance du tissu social. Si un enfant ne peut pas aller au foot avec son papa ou faire sa communion, si vous ne pouvez pas aller boire un verre après le festival... Alors ce tissu se désagrège. Et c’est vraiment regrettable. C’est une chose pour laquelle il faut se battre, même si la société est effectivement en train de changer.”

 Perspectives claires

“Sound of Silence est un mouvement citoyen, avec lequel nous voulons démontrer à l’opinion publique que les événements ne sont pas un problème, mais plutôt une solution. Car il y a maintenant beaucoup d’autres problèmes auxquels il faut faire face. Le ton employé par rapport aux événements doit changer lui aussi, tant en politique que dans les médias. Nous ne pouvons pas dépendre du bon vouloir des politiciens. Au niveau local, nous sommes encore trop souvent confrontés à des bourgmestres qui bloquent des initiatives par peur de nouvelles contaminations. Alors que les professionnels événementiels sont précisément compétents pour en garantir le bon déroulement. Il faut aussi arrêter de fixer arbitrairement le nombre de personnes autorisées, mais déterminer ce nombre au prorata de la capacité de la salle. Parce que nous pouvons le faire. Les professionnels événementiels belges sont réputés dans le monde entier pour leur expertise.”

“Avec #SoundofSilence, nous voulons à nouveau rassembler les gens, recréer des liens. C’est pourquoi nous demandons :

  • Des perspectives claires : laissez-nous rassembler les gens dans de bonnes conditions de sécurité
  • Un cadre viable : sain, logique et raisonnable pour chaque secteur.
  • De la confiance : pas de chiffres absolus, mais déterminés en fonction de la capacité. “

Soutien populaire

Ces derniers mois, l’Alliance des fédérations événementielles a accompli un travail extraordinaire pour soutenir le secteur. Mais S.O.S. se voit plutôt dans un autre rôle. “Nous agissons indépendamment des fédérations. Les fédérations participent aux discussions et essaient de peser sur le gouvernement. Nous ne voulons pas être une voix parmi tant d’autres. Mais nous voulons continuer à nous battre pour l’importance sociale du secteur culturel et événementiel, et en encourager la relance. Nous allons devoir vivre avec le virus, donc autant apprendre à le faire de manière contrôlée, au lieu de claquemurer à chaque fois la société. C’est déjà permis dans les pays voisins, malgré les hausses occasionnelles des courbes covid.”

Actions avec une grande portée

Ces derniers mois, la croix orange de Sound of Silence était visible un peu partout. “Nous avons commencé par des actions sur les réseaux sociaux, il y a eu une action de guérilla avec l’application de croix sur les cabinets des ministres, nous avons formé une croix géante dans huit villes (en respectant les mesures covid), il y a eu une action de black-out sur les réseaux sociaux... Et ça va continuer à bouger dans les semaines à venir. Les gens peuvent nous soutenir en suivant nos actions sur les réseaux sociaux et en partageant notre message. Cela ne coûte rien, un clic, un like ou un partage, c’est tout ce que nous demandons.”

L’après-corona

Sound of Silence entend continuer à défendre les intérêts de la culture et des événements dans le futur. “Actuellement, toute l’attention est dirigée sur le covid mais je pense que Sound of Silence gardera sa pertinence par après. Mais nous n’en sommes pas encore là. Nous allons d’abord devoir aider et soutenir beaucoup de gens. Mais par la suite aussi, nous voulons continuer à mettre en exergue l'importance sociale de notre secteur, et continuer à épauler les personnes qui y travaillent.”